La simplicité volontaire... Plus que jamais - Entrevue avec Serge Mongeau ; j'aimerais recueillir vos questions!

Allô! :slight_smile:

Cet été j’ai eu le plaisir de découvrir Serge Mongeau et l’un de ses livres-phares, La simplicité volontaire… plus que jamais. J’ai adoré!

M. Mongeau est médecin, écrivain, militant (d’ailleurs surnommé le père de la simplicité volontaire au Québec) et a également étudié en organisation communautaire et en sciences politiques. Il s’est grandement impliqué dans de nombreuses initiatives socialistes et écologistes au Québec, et même ailleurs. Il a d’ailleurs participé à la création des CLSC, et de la maison d’édition Écosociété, qui publie, à mon humble avis, parmi les livres les plus pertinents au Québec.

(Si son parcours vous intéresse, son autobiographie Non, je n’accepte pas (c’est le premier tome) vaut aussi la lecture!)

Pour revenir à La simplicité volontaire… Plus que jamais, Serge Mongeau y trace des liens intéressants entre la crise des valeurs, la société de (sur)consommation, l’individualisme, la compétition et la dépendance versus la solidarité, la participation et l’autonomie, et bien sûr la simplicité volontaire, entre autres!

Ce sont des sujets qui m’interpellent depuis longtemps et pourtant, l’auteur m’a amenée à faire des liens plus clairement que je ne les avais vus auparavant. Notamment par rapport à :

  • la crise des valeurs (que notre société de consommation valorise davantage les avoirs que les êtres, entre autres),
  • l’influence de l’automobile dans nos vies (par l’endettement notamment) et dans notre environnement (les villes qui y sont adaptées davantage qu’aux piétons et aux cyclistes, en plus de la pollution qu’elle engendre),
  • le travail qui n’est pas une source d’épanouissement pour plusieurs, mais un moyen d’arriver à consommer toujours plus sans arriver à combler efficacement leur besoin de satisfaction,
  • mais surtout, le lien entre la surconsommation et le fait que nous sommes de plus en plus isolés, et de moins en moins capables de répondre à nos propres besoins, que ce soit individuellement ou à l’échelle de la communauté.

Je pourrais vous partager des dizaines de passages qui m’ont rejointe, mais en voici au moins un ;

« […] Même si les chantres du libéralisme vantent la puissance du consommateur-roi qui serait le juge final de toute consommation, nous savons bien qu’avec la publicité, la mise en marché, l’information biaisée et toutes les autres techniques modernes de conditionnement et de vente, la souveraineté du consommateur est un mythe. Comme consommateurs, nous sommes effectivement essentiels au système actuel, mais uniquement en tant que rouages passifs et inconscients.

Nombre de phénomènes expliquent que les gens en soient réduits à cet état. Pour qu’ils acceptent d’acheter autant, de rattacher si étroitement leur besoin de satisfaction à la consommation, de recourir de plus en plus souvent à des services professionnels pour combler leurs divers besoins, il a fallu qu’on réussisse progressivement à leur faire perdre confiance en leur habileté à régler eux-mêmes leurs problèmes : il a aussi été nécessaire qu’on les empêche de développer ou même qu’on la détruise ; et par-dessus tout cela s’est ajouté l’effritement des solidarités qui a fait des gens des individus isolés pouvant de moins en moins compter sur le réseau des parents et amis pour les aider.

La consommation est devenue l’activité principale de notre société. D’autres époques nous ont laissé des cathédrales imposantes et d’autres monuments qui indiquaient l’importance accordée à certaines valeurs, religieuses ou non ; les temples de l’ère actuelle sont ces immenses centres commerciaux qui permettent aux gens de rendre régulièrement hommage au dieu consommation. […] »

Entrevue à venir avec M. Mongeau et propositions de questions

J’ai trouvé dans les deux ouvrages mentionnés plus haut nombre d’idées qui me rejoignent beaucoup, et qui sont des plus actuelles face à l’urgence de recréer des liens entre nous, et avec le vivant.

J’ai donc écrit à M. Mongeau pour lui proposer une entrevue, histoire de diffuser son analyse et ses constats dans le réseau du peuplier, au sujet de l’autosuffisance à l’échelle des petites communautés, en tant que vecteur pour consommer moins et créer plus de liens (en résumé!).

À mon grand plaisir, il a accepté!

L’entrevue se fera par téléphone et ne sera pas en direct, je vous invite donc, si ces sujets vous interpellent, à me soumettre vos questions ci-dessous avant le lundi 18 janvier!

Je rendrai ensuite disponible l’entrevue par les réseaux du peuplier :slight_smile:

Pssst ; Si vous avez lu ce livre, je vous invite également à faire part de vos impressions ci-dessous. Vous pouvez également créé un nouveau fil de discussion sur un autre de ses livres, dans la catégorie Lectures intéressantes! Ça pourra peut-être me guider à savoir lequel de ses nombreux livres entamer ensuite :stuck_out_tongue:

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Bonne année Marie-Michèle !

Ton implication soutenue ici sur le Peuplier est admirable, d’autant que tu as un jeune bébé. Bravo et merci !
J’ai une question pour ton entrevue avec M. Mongeau. Peut-être un peu hors-sujet, tu verras si c’est pertinent… ; On s’entend qu’on aurait (nos sociétés en général) grand intérêt à reconsidérer notre rapport avec notre planète. Je crois que le modèle urbain est contre-nature en soi. Ma question: Comment espérer un idéal écosystémique entre l’humain et son milieu alors que la majorité des gens sont agglutinés sur des petites surfaces bétonnées et asphaltées ? Cet état de fait nous condamne-t-il pas à une dualité ? Urbains baignant dans l’artificialité, privés des nuits étoilées, versus ; ruraux, occupant le paradis terrestre mais n’en jouissant que peu, affairés à fournir l’urbain en produits de base. L’idée d’un retour à occuper les campagnes est-elle une utopie nécessaire pour résoudre l’énigme de notre pérennité comme espèce ?
Ouf, c’est long comme une question référendaire ! :slightly_smiling_face:

Santé, sérénité ! :sunflower:

Christian

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Merci beaucoup Christian, et bonne année également :slight_smile:

Je prends ta question en note et ça tombe bien j’en avais une un peu dans la même veine! J’ai bien hâte d’en discuter avec M. Mongeau!

Santé et sérénité également :seedling:

J’aimerais savoir:

  • à quel moment estime-t-il être entré dans la simplicité volontaire, dans sa vie (sûrement assez jeune)?;
  • est-il capable d’identifier des facteurs, moments clés, personnages inspirants qui l’ont influencé à l’origine de cet engagement dans un certain mode de vie et en cours de route?
    -comnent sent-il que son rapport à la simplicité volontaire a évolué au fil des décennies; sa définition même de celle-ci a t elle évolué également?
    Ça pourrait être bon de lui communiquer ces questions à l’avance pour lui permettre de réfléchir à ses réponses☺
    Merci de cette belle initiative d’entrevue.
    Je conserve précieusement le livre « La belle vie » de cet auteur -que j’avais acheté en 2004-, une plaquette assez peu longue à lire; à l’époque, j’étais surtout curieuse de comparer le mode de vie de cet homme avec celui que j’avais développé moi-même​:blush: Ça va me donner le goût de le relire éventuellement pour examiner où je me situe aujourd’hui par rapport à celui-ci!:slight_smile:
    D’aitres questions qui me viennent:
    -Qu’est-ce qui l’encourage le plus et qu’est-ce qui le désole le plus dans ce qu’il observe autour de lui?
    -Arrive-t-il à rester mobilisé et si oui, à quoi atrribue-t-il sa capacité à rester motivė? Qu’est-ce qui l’aide le pius, selon lui?
    -Enfin, en quoi et comment sent-il que son mode de vie colore son rapport avec la pandémie actuelle?
    Tu pourrais peut-être lui permettre de choisir les questions qui l’interpellent et l’intéressent le plus le plus parmi cellea que je propose, lui suggérer d’en modifier l’angle aussi, si ça lui convient mieux!:slight_smile: Merci!!!
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Merci beaucoup Anne! Certaines de tes questions recoupent celles que je lui avais déjà soumises, on se rejoint dans nos curiosités :stuck_out_tongue: Je prends les autres en note pour lui soumettre!

C’est super!!!:grin:

Anne

Le mar. 12 janv. 2021 10:14 AM, Marie-Michèle Doyon via Le peuplier <info@lepeuplier.ca> a écrit :

Bonjour,
Merci de nous donner l’occasion de poser nos questions à cet homme qui a beaucoup fait pour faire évoluer les valeurs au Québec.

  1. J’aimerais savoir quelles sont selon lui les aptitudes ou les outils personnels essentiels que les parents devraient prioriser dans l’éducation de leurs enfants pour leur permettre de faire face le mieux possible au monde de demain qui s’annonce difficile (dérèglement du climat, effondrement de la biodiversité, migrants climatiques de masse, multiplication des épidémies et pandémies, etc.).

  2. L’historien Harari écrit que la plus importante compétence de toutes sera la capacité d’apprendre des choses nouvelles et de préserver notre équilibre mental dans des situations peu familières. S’il est d’accord, comment concrètement, au quotidien, aider nos enfants de développer cela?

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