Envie de créer une monnaie locale complémentaire? Voici des infos!

Envie de créer une monnaie locale complémentaire? Voici des infos!
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#1

Hello! :slight_smile:

J’ai entendu parler pour la première fois de monnaie locale complémentaire dans l’extraordinaire documentaire Demain.

L’avantage d’une telle monnaie est, entre autres, de dynamiser l’économie locale en permettant aux entreprises, organismes et particuliers d’une région de faire des échanges par le biais de cette monnaie.

J’ai assisté en mars dernier à une rencontre du Mouvement citoyen Monnaie locale complémentaire à Québec et j’ai trouvé ça bien intéressant! Ils sont en train de mettre en place le BLÉ, qui sera accepté dans différents établissements à Québec.

J’ai appris lors de cette soirée que l’Îlot de Montréal, une monnaie locale numérique, vient d’être lancée.

Je t’invite à visiter leurs sites pour en savoir plus mais surtout, je voulais partager ce Guide de mise en oeuvre d’une monnaie complémentaire locale que j’ai retrouvé sur le site de MLC Québec. Je t’avoue que je l’ai survolé plutôt que lu, car c’est très complet et je n’ai pas l’objectif de me lancer dans un tel projet actuellement, mais je trouvais pertinent de partager la ressource à la communauté! :smiley: Si tu as envie de t’impliquer pour voir une telle monnaie apparaître dans ton coin, je t’invite à t’y plonger!

Je jongle aussi avec l’idée d’inviter un ou des membres du CA de MLC Québec comme mentor sur Le Peuplier, mais je souhaite d’abord voir s’il pourrait y avoir des intéressés… À suivre!


#2

Voici une vidéo que nous présentions lors de la mise en place de l’organisme de MLC-Québec, c’est une bonne introduction et explique très bien le sujet :slight_smile:

Monnaie locale - Arte

Il y a des projets à Sherbrooke, Rimouski, Portneuf. Il y a aussi le Demi Gaspésien.

Il y a deux styles de monnaies locales (dans les grandes lignes) il y a celles que Marie-Michèle évoque et dans les liens ci-haut explique, mais il y a aussi les SEL, les systèmes d’échanges locales, qui permettent de créer du lien entre une communauté en ayant son propre moyen d’échange en dehors du système monétaire marchand. C’est le cas avec le réseau des Accorderies aux Québec et en France.


#3

La monnaie locale m’intéresse de plus en plus. J’ai deux morceaux à partager sur ce sujet :

  1. GNU Taler
    C’est une technologie (“du code Libre” pour être exact) adaptée aux monnaies locales; c’est un portefeuille électronique. On pourra donc y posséder des monnaies multiples de façon fiable et les utiliser pour faire du commerce, protégé de la surveillance [Un gros avantage face aux cartes de crédit].

Sur ce site plus bas, ils ont des vidéos qui expliquent le système (je vous propose ceux par Sva).
https://taler.net/

  1. Le compte-épargne foncier

Ça c’est simplement une idée, j’aimerais bien vos commentaires. J’imagine une gang d’amis.es qui s’achètent ensemble un lot de bois. Disons que 10 personnes investissent 5 000$ d’épargne dans un terrain de 50 000 m².

-Une OBNL est fondée. Elle possède le terrain. Le terrain ne sera plus jamais destiné aux marchés boursiers (L’OBNL agit comme une fiducie foncière agricole). L’objectif commun est de favoriser la Vie. Laisser des paysans faire de l’agroécologie sur ce terrain augmente donc sa valeur (au niveau de la Vie [plus de vie dans le sol, les insectes et animaux sont protégés…] et au niveau du dollar $ [puisque l’évaluation municipale devrait augmenter si c’est un projet bien fait]).

-L’OBNL reconnaît la contribution initiale de chacun (5000$ chaque, donc symboliquement 10% du terrain chacun, donc 5000 m²). Si une personne X a besoin de 1000$, elle le demande, et la personne Y qui désire économiser 1000$ lui donne. En retour, l’OBNL note dans un registre la variation. X possède alors 4000 m² et Y possède 6000 m².

-Il semble que de cette façon, on peut “régler” le problème de confiance des monnaies locales. Le dollar échangé pour un m² vaut réellement un m². Mais ce n’est pas de la spéculation immobilière, parce que les m² que nous possédons ne peuvent pas être revendus “à moins que tout ce système tombe, i.e. qu’il n’y a plus d’acheteur dans le groupe, tout le monde veut vendre”. Bref, la confiance en la monnaie réside dans le fait que “si tout crash, on vend le terrain et on se partage le profit”.

Ça permet de se débarrasser progressivement des banques pour la gestion de nos épargnes. Et je peux imaginer ce système qui se “scale up” assez rapidement, avec la technologie comme GNU Taler.

Bref, je sais pas trop si c’est clair, dites-moi ce que vous en pensez, si vous en pensez quelque chose.

Joé


#4

Wow Joé, c’est super comme idée je trouve! :astonished:

Je ne connais pas bien le principe de fiducie par contre, à ce que j’ai cru comprendre, c’est une personne morale aux yeux de la loi, dont les gens possèdent des parts, un peu comme une incorporation? Mais dans ce cas elle serait opérée par une OBNL?

Il y a sûrement plusieurs éléments qu’il ne faut pas négliger par contre. Les taxes qu’il faut se partager par exemple, mais à 10 ça doit être négligeable. Ce qui est beau c’est qu’en gang tout devient plus accessible! L’union fait la force!

Mais les désaccords peuvent aussi plus facilement arriver. De la même manière que pour de la cohabitation, je conseillerais aux gens intéressés par ce type de projet de lire le livre Vivre autrement de Diana Leafe, ce sera facilitant pour bien des aspects! Il faudrait établir des scénarios clairs à l’avance, pour prévenir les conflits.

Si par exemple il ne restait que 2 épargnants dans le projet, et que l’un d’entre eux voulait quitter, quitterait-il en vendant ses parts toujours au ratio de 1000$/1000m²? Peut-être en voudrait-il plus sachant que la valeur du terrain a augmenté et que la personne restante a maintenant un terrain qui vaut plus que le 50 000$ de départ. Dans la logique d’origine, on resterait au même prix, mais si ce n’est pas écrit, il pourrait y avoir des argumentations.

Je suis curieuse d’entendre l’avis d’autres personnes, parce que ça me plaît beaucoup comme idée! Merci de l’avoir partagée!


#5

La Fiducie, c’est pour cette idée-là (ça provient d’un article de Rad-Can) :

À l’automne 2010, la Ferme Cadet-Roussel est devenue la première fiducie foncière agricole d’utilité sociale au Québec. En vertu de celle-ci, le fonds de terre n’appartient plus aux agriculteurs occupants et ne peut servir à autre chose qu’aux activités agricoles biologiques, et ce, à perpétuité.

On lui donne aussi une mission à perpétuité, disons “Protéger la Vie”.

Je pense à OBNL, parce qu’on peut aussi définir “Si ce projet se termine, on redistribue la vente du terrain à nos créanciers, selon les chiffres du registre X”.

Dans le cas d’une fiducie, les gens doivent faire un don de leur argent (si je comprends bien). Dans ce cas-ci d’OBNL, ce n’est qu’un choix de compte-épargne [Le terrain vs la banque].


#6

C’est effectivement vraiment important de bien détailler les conditions de revente pour éviter les problèmes. Mais si plusieurs projets en ce sens se développent et se rassemblent, il sera de plus en plus facile de vendre une portion de terrain et de se trouver un acheteur. Si les prix chutent, ça peut stresser les gens. Mais d’après moi, après que les bulles financières éclatent, le terrain deviendra la nouvelle valeur refuge. Même Pangea le reconnaît.

Pour les taxes, je crois que même en les redistribuant en frais, ça reste un investissement incroyablement rentable. D’un article de 2015 du magazine Les affaires :

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) estime que la valeur foncière forestière moyenne par unité d’évaluation en Estrie (sans égard à la superficie des unités concernées) est passée de 37 529 $ à 128 523 $, de 1997 à 2012, un bond de 242 %. En fait, toutes les régions ont assisté à une croissance de valeur foncière soutenue, avec une moyenne de 159 %.

La terre à côté de chez moi a vu sa valeur d’évaluation augmenter de 32% entre les 2 dernières évaluations (3 ans je pense). Je pense que d’investir dans du territoire pour le protéger doit devenir la norme. Et ça a le potentiel de le faire : Un compte-épargne à 32% sur 3 ans, on est loin de Desjardins.

J’ai aussi lu “Vivre autrement”, et j’ai plein de choses à en dire. Y a-t-il déjà une discussion sur le livre? Ça mérite son propre fil je pense.

Cette gestion-là de l’argent permettrait, je crois, de séparer l’argent du projet en soit. Un groupe de gens se partage un compte. Un autre groupe (certains d’entre eux, des amis qui n’ont pas investis, des gens qui viennent seulement temporairement… peu importe) se partagent la responsabilité de s’occuper du terrain. Ça permet de séparer l’argent du reste.

Bref, je vois rapidement ce système se développer et qu’au fil des années, de plus en plus de paysans commercent sans les banques.


#7

Je trouve ça vraiment intéressant effectivement! Ça vaut la peine de creuser cette option-là!

Je suis d’accord pour le fil de discussion sur Vivre autrement! Je t’encourage à en starter une, je n’ai pas encore fini de le lire :stuck_out_tongue: